Investissement

Rentabilité locative : formules, calcul et exemple chiffré

Mis à jour le 31 octobre 2026 · Lecture 3 min

Un investissement locatif se juge sur trois chiffres : la rentabilité brute, la rentabilité nette et le cash-flow. Les confondre conduit à surestimer un projet de 1 à 2 points de rendement, parfois davantage. Voici les formules, un exemple complet et les pièges qui changent le résultat.

En résumé

Rentabilité brute = loyers annuels ÷ prix d'achat. Rentabilité nette = (loyers − charges) ÷ coût total du projet, frais d'acquisition inclus. Rentabilité nette-nette = bénéfice après impôts ÷ coût total. Le cash-flow, lui, compare les loyers encaissés à la mensualité de crédit : c'est lui qui détermine l'effort d'épargne réel.

Les trois formules à connaître

Rentabilité brute = (loyer mensuel × 12) ÷ prix d'acquisition × 100
Rentabilité nette = (loyers annuels − charges annuelles) ÷ coût total du projet × 100
Coût total = prix d'achat + frais de notaire + travaux + frais de dossier
Rentabilité nette-nette = (loyers − charges − impôts et prélèvements sociaux) ÷ coût total × 100

La rentabilité brute sert à comparer rapidement deux biens. La rentabilité nette sert à valider un projet. La nette-nette sert à savoir ce que vous gardez réellement, une fois le fisc passé.

Exemple chiffré complet

Prenons un studio acheté 150 000 €, avec 12 000 € de frais de notaire, loué 750 € par mois, avec 5 % de vacance locative.

Poste Montant annuel
Loyers théoriques (750 € × 12)9 000 €
Vacance locative (5 %)− 450 €
Charges de copropriété− 1 200 €
Taxe foncière− 800 €
Assurance propriétaire non occupant− 250 €
Entretien et petites réparations− 400 €
Résultat avant crédit et impôt5 900 €

Deux points séparent la brute de la nette : les frais d'acquisition et les charges réelles. C'est exactement l'écart qui fait basculer beaucoup de projets dans le rouge une fois le crédit intégré.

Cash-flow et effort d'épargne

Avec un crédit de 150 000 € sur 20 ans à 3,5 %, la mensualité assurance non comprise avoisine 870 €, soit 10 440 € par an.

Cash-flow annuel = loyers encaissés − charges − mensualités de crédit
Ici : 5 900 − 10 440 = − 4 540 €, soit environ 378 € d'effort d'épargne mensuel

Un cash-flow négatif n'est pas rédhibitoire : il correspond à de l'épargne forcée, qui rembourse du capital. Encore faut-il pouvoir la financer sur la durée du prêt et vérifier qu'elle reste soutenable en cas de vacance prolongée ou de hausse des charges.

Ce que change la fiscalité

En location meublée au régime réel (LMNP), les amortissements du bien et du mobilier viennent réduire le résultat imposable. Sur notre exemple, une base amortissable d'environ 138 000 € sur 30 ans et un mobilier de 8 000 € sur 7 ans représentent près de 5 700 € d'amortissement annuel : le résultat fiscal tombe presque à zéro et l'impôt devient marginal.

Conséquence : la rentabilité nette-nette se rapproche alors de la rentabilité nette. À l'inverse, une location nue imposée au régime foncier peut amputer le rendement de plusieurs centaines d'euros par an.

Les cinq variables qui changent tout

  1. La vacance locative : 0 % en théorie, 5 à 10 % en pratique selon le marché et la saisonnalité.
  2. Les charges de copropriété : une différence de 100 € par mois représente 1 200 € par an, soit près d'un demi-point de rentabilité.
  3. Le taux du crédit : +0,5 point sur 20 ans, c'est environ 40 € de mensualité supplémentaire par tranche de 100 000 € empruntés.
  4. Les travaux : ils entrent dans le coût total, mais peuvent aussi augmenter le loyer et réduire la vacance.
  5. La fiscalité : le régime choisi (micro-BIC, réel, foncier) pèse directement sur le résultat net.

Les erreurs de calcul les plus courantes

Pour aller plus vite : le simulateur d'investissement d'ImoTracking calcule rentabilité brute et nette, cash-flow, mensualités de crédit et business plan à partir de vos propres chiffres.

Questions fréquentes

Quelle est une bonne rentabilité locative ?

En France, on considère souvent qu'une rentabilité nette de 4 à 6 % est correcte en location nue, et de 5 à 8 % en meublé, selon la ville et le niveau de risque. La comparaison avec des projets similaires de votre marché reste le meilleur repère.

Rentabilité brute ou nette : laquelle utiliser ?

La brute pour présélectionner des annonces rapidement, la nette pour décider. La brute ignore les charges et les frais d'acquisition, ce qui surestime systématiquement le rendement réel.

Comment calculer la rentabilité nette-nette ?

En retirant du résultat net l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux réellement dus. Le calcul dépend donc du régime fiscal (micro-BIC, réel, foncier) et de votre tranche marginale d'imposition.

Un cash-flow négatif est-il disqualifiant ?

Non, s'il correspond à du remboursement de capital et reste finançable sur la durée du prêt. Il faut vérifier la trésorerie disponible, la durée du prêt et la résistance du projet en cas de vacance ou de hausse des charges.

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